La Réserve Spéciale d'Anjanaharibe-Sud
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Brèves

Avril 2007

Cyclone Indlala over northeastern Madagascar, March 2007
Le Cyclone Indlala centré sur le nord-est de Madagascar, 15 mars 2007

A la mi mars et début avril, deux cyclones ont ravagé l'un après l'autre le nord-est de Madagascar. Alors que la zone autour de la péninsule de Masoala était très touchée, la région de Marojejy et d'Anjanaharibe-Sud n'a pas ressenti le choc de l'impact de ces violentes tempêtes. Le parc national de Marojejy reste ouvert au tourisme comme d'habitude, mais à ce moment les dommages sur la réserve d'Anjanaharibe-Sud sont inconnus.

Malheureusement les cultures de riz et de vanille ont été endommagées, ce qui pourrait sérieusement affecter l'économie locale et entraîner de nouvelles souffrances pour la population locale. Bien entendu cela met encore plus de pression sur la réserve car les villageois auront besoin d'autres sources de nourriture et d'autres moyens de survie.

La dernière décennie a montré une inquiétante augmentation de la fréquence et de l'intensité des cyclones atteignant Madagascar, déjà six pour cette unique saison. Cette augmentation a été ressenti particulièrement dans le nord-est de l'île où l'on n'a plus le temps de panser les plaies d'un cyclone qu'un autre arrive déjà.

L'instabilité chronique du climat mondial semble directement affecter les régions tropicales (réchauffement de la planète) et les années à venir pourraient être et seront sans doute encore plus dévastatrices.


Mars 2006

Le 13 mars, un volontaire américain des Corps de la Paix travaillant pour l'ANGAP au niveau du Marojejy et d'Anjanaharibe-Sud depuis ces deux dernières années a été évacué de la région. Cette mesure d'urgence a été prise après que l'Ambassade des Etats-Unis à Antananarivo ait été mise au courant de graves menaces de mort pesant sur la vie de ce volontaire.

Les menaces sont certainement dues en partie aux révélations faites des états de corruption avancée au sein de l'ANGAP, des Eaux & Forêts et du Ministère de l'Environnement découvertes par ce même volontaire. Ces menaces sont la suite logique de nombreuses tentatives d'intimidation, incluant le cambriolage dans sa petite maison à Andapa et le vol de documents très importants concernant le parc. Elles succèdent également aux menaces de mort formulées à l'encontre de l'ancien directeur et de sa famille qui, finalement, dut se résigner à démissionner le mois dernier.

Il est important de noter que le volontaire évacué n'a jamais, de sa propre volonté, essayé de mettre en évidence quelque corruption que ce soit mais lorsque celle-ci a menacé directement l'intégrité du parc, il s'est senti obligé d'en rendre compte.


Décembre 2005

Le 3 décembre, un des camions Berliet 6x6 effectuant régulièrement le trajet au travers de la réserve, a glissé en dehors de la piste entre Marolakana et Anjiamazava. Après plusieurs tonneaux et une chute de près de 30 mètres dans la ravine, le camion est retombé sur ses roues et a été tiré de là quelques jours plus tard. Malheureusement 5 personnes ont été tuées et de nombreux blessés ont été recensés. Cet accident, qui est le quatrième accident mortel en 2 ans, soulève une nouvelle fois les très épineuses questions sur la sécurité et la viabilité de cette route 'nationale' très escarpée, en très mauvais état et traversant une aire protégée de petites dimensions.


Octobre 2005

Arbres coupé à bord de la route dans la réserve, Octobre 2005
Arbres coupé à bord de la route dans la réserve, Octobre 2005

 

À la fin de Septembre 2005, des centaines de gens du village de Matsodakana (versant ouest d’Anjanaharibe-Sud) ont fait établi un camping pour cinq jours au bord de la Rivière Marolakana dans la réserve, sans autorisation. Ils sont restés là sous prétexte de réparer la route qui traverse la réserve entre Marolakana et Anjiamazava. Malheureusement, ils ont fait beaucoup plus de dégâts que d’améliorations. Ils n'ont en fait que rempli les plus profondes ornières avec de la boue sèche sans aucune canalisation, il est certain que les premiers orages de la saison rendront le travail nul et causeront une érosion beaucoup plus considérable. Un véritable village (dix-huit grandes cabanes) était construit à Marolakana, des centaines d’arbres ont été abattus au bord de la route, et les lémuriens, qui étaient auparavant très nombreux dans cet endroit, ont maintenant disparus. Malgré la prévisibilité de la tournure des événements, l’agent de conservation et le chef Secteur responsable pour patrouiller dans cette partie de la réserve se sont absentés pendant toute la durée de la débâcle.


Septembre 2005

La création d'une vitrine de Madagascar au Palais Présidentiel de Iavoloha (Antananarivo) exacerbe actuellement les tensions entre la Direction des Eaux et Forêts et celle de l'ANGAP. Les premiers exigeants (arguant qu'ils sont les propriétaires de la forêt) la récolte de l'espèce Marojejia insignis dans le parc Marojejy et de Takhtajania perrieri dans la réserve d'Anjanaharibe Sud. Une lutte de direction et d'intérêts a éclaté, l'ANGAP refusant clairement la transplantation d'espèces très rares et dont la survie serait fort aléatoire. Il semble cependant que certains employés de l'ANGAP aient malgré tout participé à l'extraction de certaines plantes malgré le refus de leur direction et sans en informer cette dernière.


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